Tu voudrais organiser une sortie. Mais avant même de penser à ce qui te ferait plaisir, une question arrive : « Et si je faisais encore une crise d’angoisse là-bas ? » Tu passes en revue les problèmes possibles, tu cherches une solution rassurante et tu finis par remarquer que la simple préparation te met déjà sous tension.
La peur d’avoir peur, c’est craindre de ressentir à nouveau de l’angoisse. Cette anticipation peut limiter ton quotidien, même entre les crises. [1] Pour surmonter la peur d’avoir peur, il s’agit de mieux comprendre ces enchaînements et de reprendre progressivement la main sur tes décisions. Un accompagnement psychothérapeutique adapté peut t’y aider. [2]

Je connais l’angoisse et les crises de panique pour les avoir vécues. C’est pourquoi j’aimerais aussi parler de ce qui se passe entre les crises : les pensées avant, les hésitations et cette envie de pouvoir refaire des choses sans que la peur décide constamment avec toi.
Si tu cherches une aide pour traverser une crise d’angoisse déjà identifiée comme telle, tu trouveras des pistes concrètes dans mon article Que faire en cas de crise d’angoisse ? À court et à long terme, actuellement disponible en allemand. Ici, nous allons regarder de plus près ce que la crainte de la prochaine crise peut changer dans ta vie quotidienne.
Comment appelle-t-on la peur d’avoir peur ?
Dans le contexte des crises de panique, on parle souvent d’anxiété anticipatoire. Il s’agit de la peur que l’angoisse ou la panique revienne. La simple pensée d’une situation peut alors t’inquiéter, même si tu n’y es pas encore. [1]
Peut-être as-tu moins peur du train lui-même que de perdre le contrôle pendant le trajet, sans pouvoir descendre. Ou tu aimerais aller au restaurant, mais tu crains que les autres remarquent ton agitation.
Ce terme décrit un vécu. Il ne constitue pas, à lui seul, un diagnostic. Une pensée isolée ou un article de blog ne permettent pas de déterminer s’il s’agit d’un trouble panique ou d’une autre difficulté. [2]
Comment se manifeste la peur d’avoir peur ?
L’anxiété anticipatoire peut se manifester dans tes pensées, ton corps et tes décisions. Voici quelques exemples possibles.
Tu prévois un rendez-vous, mais tu penses surtout au trajet du retour. Avant de retrouver des proches, tu vérifies si tu pourrais repartir facilement. Ou tu annules quelque chose qui compte pour toi parce que, ce matin-là, tu ne te sens pas parfaitement calme.
Tu peux aussi observer davantage ton corps : comment bat mon cœur ? Est-ce que j’ai la tête qui tourne ? Est-ce que ça recommence ? Ces vérifications et l’évitement de certaines situations peuvent faire partie des façons de réagir à la peur d’une nouvelle crise. [1]
Imagine : tu arrives devant un supermarché. Avant même d’entrer, tu repenses à un moment difficile vécu à la caisse. Tu remarques une tension et tu l’interprètes comme le signe que cela va recommencer. Peut-être décides-tu de faire tes courses plus tard. Sur le moment, tu ressens un soulagement. Mais une question reste sans réponse : aurais-tu pu faire tes courses même avec un peu de tension ?
Cet exemple sert à illustrer un fonctionnement possible. Il ne décrit pas nécessairement ce que vit chaque personne.

L’après d’une première crise peut aussi laisser beaucoup de questions. Dans l’épisode 2 de mon journal, consacré au lendemain de la crise d’angoisse, je raconte cette période d’incertitude à travers mon expérience personnelle.
Pourquoi a-t-on peur d’avoir peur ?
Quand tu as vécu quelque chose comme très menaçant, il est compréhensible de ne pas vouloir le revivre. Dans le cercle de l’angoisse, la perception des signaux physiques, leur interprétation comme une menace et la tension qui suit peuvent se renforcer mutuellement. [3]
Tout commence peut-être par : « Pourvu que ça ne recommence pas. » Dès que tu remarques un changement, il te semble confirmer ce que tu redoutais. Ton attention reste fixée sur le danger possible et il devient plus difficile de te concentrer sur ce que tu voulais faire au départ.
Pourquoi l’évitement peut soulager sur le moment
Annuler ou quitter une situation redoutée peut d’abord apporter un soulagement. Mais si cela se répète de plus en plus, tu risques de te priver de nouvelles expériences et ton quotidien peut se rétrécir. À long terme, l’évitement peut entretenir la peur. [3]
Ce n’est pas un reproche. Cela explique pourquoi quelque chose peut sembler utile sur le moment et devenir malgré tout limitant avec le temps.

J’explique comment certaines réactions peuvent se renforcer avec la répétition et quel rôle jouent les nouvelles expériences dans mon article Neuroplasticité et anxiété : ton cerveau peut apprendre une autre réponse.
Que faire quand on a peur d’avoir peur ?
Une première piste consiste à distinguer le scénario redouté de ce qui se passe maintenant. « Je pourrais ressentir de l’angoisse » décrit une possibilité. Cela ne dit pas encore comment la situation va réellement se dérouler.
Tu peux te poser une question précise : « De quoi ai-je peur exactement, là, maintenant ? » Peut-être des sensations physiques, peut-être de la réaction des autres ou de ne pas pouvoir obtenir de l’aide. Ces différences comptent pour mieux comprendre ce qui te pèse particulièrement.
Demander de l’aide sans attendre d’être à bout

Si tu te déplaces de moins en moins, si tu annules souvent ou si la crainte de la prochaine crise prend beaucoup de place, demande une aide médicale ou psychothérapeutique. Tu n’as pas besoin d’attendre de ne plus pouvoir avancer.
Pour moi, franchir ce pas n’allait pas de soi. Je raconte ce qu’un premier échange a changé dans l’épisode 3, sur le courage de demander de l’aide.
Comment surmonter la peur d’avoir peur ?
Peut-être aimerais-tu surtout avoir la certitude que l’angoisse ne reviendra jamais. Pour moi, une direction plus utile est de te demander : qu’aimerais-tu pouvoir refaire, vivre et décider ? Un chemin peut alors se construire à partir de ce qui compte dans ta vie.
Les trois phases de ma MSF Compass Method™ donnent une structure au changement personnel : Comprendre, Changer et Consolider.
Comprendre : prendre conscience de ses schémas

Le premier pas, c’est la prise de conscience. Qu’est-ce qui t’a amené·e à ce point ? Qu’attends-tu de toi ? Quelles situations te pèsent et qu’y redoutes-tu ?
Il s’agit aussi de mieux te connaître. Peut-être as-tu du mal à poser des limites ou exiges-tu de toi de toujours paraître calme et solide. Ce sont des pistes de réflexion personnelle, pas des causes générales des crises d’angoisse.
Changer : qu’est-ce que tu veux à la place ?

« Qu’est-ce que je ne veux plus ? » trouve souvent rapidement une réponse. La question suivante est essentielle : « Qu’est-ce que je veux à la place ?«
Peut-être aimerais-tu choisir une sortie en fonction de ton intérêt. Ou, face à une invitation, commencer par te demander si tu en as envie plutôt que chercher tout de suite une excuse. À partir des prises de conscience de la première phase, tu peux élaborer un plan réaliste, avec des étapes réalisables.
Consolider : répéter pour construire de nouveaux chemins

C’est souvent ici que les choses deviennent particulièrement exigeantes. Comprendre et planifier un changement ne signifie pas qu’il fait déjà partie du quotidien. Persévérer demande de la discipline, de la patience et de la répétition.
Il s’agit de reprendre régulièrement les changements choisis pour qu’ils deviennent plus familiers. Les jours difficiles, tu peux regarder ce qui mérite d’être ajusté ou quelle aide pourrait t’être utile. Une période où l’angoisse est plus présente n’annule pas les progrès déjà réalisés.
Mon chemin personnel avec la peur d’avoir peur
Je sais à quel point le désir de pouvoir décider librement peut être fort. Et je connais cette question : est-ce que je me sentirai un jour autrement ?
Dans Le journal d’une (ex ?) angoissée, je raconte mon chemin avec l’angoisse et les crises de panique en 44 épisodes courts et illustrés. Peut-être y retrouveras-tu des pensées que tu osais à peine exprimer et un peu d’espoir pour ton propre parcours.
Tu peux commencer par découvrir gratuitement les cinq premiers épisodes sur mon blog.
Mon livre est un témoignage, pas un programme de traitement. Tu n’es pas seul·e à te poser ces questions. Même si la peur prend beaucoup de place depuis longtemps, de nouvelles possibilités peuvent se dessiner. Je partage mon chemin pour que tu te sentes un peu moins seul·e sur le tien.
Magda
Le journal d’une (ex ?) angoissée – E-book PDF
À travers 44 épisodes courts et illustrés, je t’emmène dans ma tête et te raconte mon parcours personnel, avec honnêteté, humour et sans explications compliquées.
Pour que tu te sentes moins seul·e, que tu comprennes mieux ce que tu traverses et que tu puisses peut-être éviter quelques-uns des détours que j’ai moi-même empruntés.
📖 Plus de 200 pages illustrées
📱 Des épisodes courts, parfaits aussi pour une lecture sur smartphone
💬 Personnel, accessible et sans promesses en l’air
📩 Disponible immédiatement au format PDF
Sources et informations complémentaires
[1] Schön Klinik : trouble panique et anxiété anticipatoire, en allemand
[2] NIMH : Panic Disorder, What You Need to Know, en anglais
[3] gesund.bund.de : faire face à l’angoisse, en allemand
Les expériences personnelles, les exemples et la présentation de la MSF Compass Method™ sont à distinguer des informations médicales. Ces sources ne constituent pas une preuve d’efficacité de ma méthode.




